Céline Von Potobsky et Matteo Solari, du football aux Mondiaux de HYROX

7 octobre 2026
Du 9 au 11 octobre, l’HYROX s’installe à Palexpo. Parmi les athlètes engagés, deux anciens footballeurs genevois, Céline Von Potobsky et Matteo Solari, 16es au général des Championnats du monde de Stockholm en double mixte. Rencontre, quelques jours avant leurs courses à domicile.

Huit kilomètres de course à pied, une station de force et d’endurance après chaque kilomètre (SkiErg, Sled Push, Sled Pull, Burpee Broad Jumps, rameur, Farmer’s Carry, Sandbag Lunges et Wall Balls) : voici à quoi ressemble l’HYROX, discipline en plein essor, qui se déroule du 9 au 11 octobre à Genève, plus précisément à Palexpo. Parmi les milliers de participants, Céline Von Potobsky et Matteo Solari, deux anciens footballeurs genevois reconvertis à cette discipline. Ils ont couru leur première course ensemble cette année à Turin, avant de réaliser un temps de 53’46 aux Mondiaux de Stockholm qui leur a valu une 16e position. À domicile, ils s’élanceront cette fois dans des catégories différentes.

Céline et Matteo après l’HYROX de Stockholm.

Du ballon à l’endurance

Matteo Solari a d’abord été gardien de but, au CS Italien puis à Étoile Carouge (trois apparitions en Promotion League en 2015-2016), avant de passer joueur de champ au RJ Bosna. L’endurance, il l’a toujours aimée : « Même quand j’étais gardien, j’étais un peu un faux gardien. Je faisais beaucoup de vélo et de randonnée avec mon père. » Quand il arrête le football, un défi lancé avec un ami fait basculer sa trajectoire : « On s’est lancé le défi de faire un semi-marathon, et c’est ce qui m’a fait commencer à courir plus régulièrement. » Semi-marathon de Lausanne en moins d’1h30, puis marathon de Verbier et ses 3 700 mètres de dénivelé : l’HYROX est arrivé ensuite.

Tout s’est rapidement enchaîné pour Matteo.

Céline Von Potobsky, formée à Aïre-le-Lignon, a joué à Evian Thonon Gaillard, puis cinq saisons à l’OGC Nice (83 matchs, 7 buts) avant de revenir à Thonon en 2024. Pour elle, la transition s’est faite sans heurt : « Je sentais que j’arrivais au bout de quelque chose, et que d’autres projets m’intéressaient. » Déjà adepte de crossfit avec sa sœur, puis du triathlon, elle s’était lancée dans la préparation d’un semi-Ironman quand Matteo lui a proposé de tenter un HYROX : « Je me suis dit pourquoi pas, une fois. Finalement, c’est devenu une fois, deux fois, trois fois, puis un gros projet. »

La transition du football à l’HYROX s’est faite naturellement pour Céline.

Un duo né d’un verre

Leur rencontre doit beaucoup à la taille du canton. « Genève est tout petit, on avait des connaissances en commun. Je savais qui était Céline grâce au football, mais on ne se connaissait pas personnellement », raconte Matteo. Au détour d’un verre, l’idée du double mixte est lancée. « Je n’en avais jamais fait et je cherchais quelqu’un qui courait bien. Avec son passé de footballeuse et le triathlon, Céline était très efficace. » Un duo né, selon eux, d’un certain culot.

Sur la course, les rôles se répartissent selon les forces de chacun. « Matteo donne le rythme en course à pied, parce qu’il est plus à l’aise, et je peux me coller à lui », explique Céline. En mixte, les charges sont celles des femmes pro : plus légères pour lui, qui prend donc en charge entre 60 et 70 % des stations. « On fait en sorte qu’il termine les stations. Je repars en courant dès qu’il a fini, et il me rattrape pendant la course. »

Dans le duo, Matteo y trouve ce qu’il aimait dans le football. « Il y a ce côté équipe. C’est plus sympa de partager ça et de courir pour quelqu’un. En solo, on se demande plus souvent pourquoi on est là. » Son profil de coureur y trouve aussi son compte : « En solo, je suis encore un peu léger face aux gabarits de ceux qui sont devant. En duo, j’ai de meilleurs résultats. » Céline, elle, n’a jamais couru en individuel, par choix : « Je pratique déjà le triathlon, qui se fait seul. L’HYROX, c’est plus sympa à deux. » Un projet solo existe, mais plus tard : « Il faut quand même se tester. » La culture collective du football, elle, aide peut-être un peu : « On a l’habitude de communiquer, de partager l’entraînement », explique Matteo. « Et on supporte peut-être plus si on se crie dessus », ajoute Céline.

Céline et Matteo sont la meilleure paire Suisse de la discipline.

Courir à la maison

Cette année, les deux athlètes se sont structurés. Matteo travaille avec un coach qui fournit des programmes personnalisés, partagés en partie avec Céline : « On s’entraîne ensemble une à deux fois par semaine au minimum. » Plus de sérieux aussi dans le quotidien : « C’est beaucoup de discipline et d’organisation. C’est presque notre hobby qui influence notre profession : on adapte le travail au hobby. Avec des week-ends de déplacement parfois de 24 ou 48 heures. » Côté budget, ils bénéficient de petits soutiens du canton de Genève, de la commune de Plan-les-Ouates pour Matteo et celle du Grand-Saconnex pour Céline, ainsi que des partenariats matériels. « Pour le moment, on est déficitaires, c’est sûr. Mais ce sont aussi des week-ends en Europe où l’on visite des villes et on peut bien profiter. »

À Palexpo, ils comptent sur un public acquis : « Quand on court à l’autre bout de l’Europe, on ne connaît personne. Là, il devrait y avoir nos familles et nos amis. Ça booste, et il y a un peu l’honneur de bien faire à la maison. » Pas de stress particulier pour autant : « Quand on arrive à la course, le travail est fait. Si ça passe, ça passe. Sinon, ça reste un sport : lundi, on est au boulot. »

Les deux athlètes auront à coeur de performer à domicile ce week-end.

La suite se joue en 2027, aux Mondiaux de Hong Kong en juin. Pour s’y qualifier, il faut gagner une course dans sa catégorie d’âge avant la fin mai. Céline et Melanie Maurer ont déjà leur billet, tandis que le duo mixte tentera sa chance à Barcelone dans un mois et demi. Matteo et Yacine Bennafla visent la qualification dès ce week-end, à Genève. Quant au public, Matteo l’invite à découvrir la discipline en vrai : « On peut voir les athlètes à trois ou quatre mètres, on suit les stations de très près. Être spectateur d’un HYROX, c’est presque en faire un. » Et il ajoute : « Il ne faudra pas se faire battre par nos voisins français. »

Rendez-vous dès vendredi matin 8h30 à Palexpo pour soutenir les athlètes et vivre l’expérience HYROX au plus près de l’événement.

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