Chessboxing : Aurore, 16 ans, cap sur Istanbul

15 octobre 2026
Mélange de boxe et d’échecs, le chessboxing s’installe en Suisse, avec Genève comme point d’ancrage. Pour les Mondiaux d’Istanbul (16-22 novembre), la Genevoise Aurore Paykov Vesselova, 16 ans, sera la seule femme de la délégation suisse.

Un round d’échecs, puis un round de boxe, puis de nouveau l’échiquier, jusqu’au KO, à l’échec et mat ou au dépassement du temps. Le chessboxing, sport hybride encore méconnu, trouve peu à peu sa place à Genève. Deux Genevois seront du voyage aux Mondiaux d’Istanbul, dont Aurore Paykov Vesselova, boxeuse de 16 ans licenciée au Club Pugilistique de Carouge (CPC). En moins de 76 kg chez les juniors, elle compte 18 victoires, dont plusieurs par KO technique, et 2 défaites en 20 combats. Elle ne pratique le chessboxing que depuis trois mois. Nous l’avons rencontrée avec Johann Zoller, président de la Fédération suisse de chessboxing.

Le chessboxing est un mélange de boxe et d’échecs.

Un sport né d’une bande dessinée

Le chessboxing est inspiré d’une bande dessinée d’Enki Bilal. « Quelqu’un s’est dit que ça pourrait faire un sport intéressant, et la compétition s’est lancée. Depuis, ça a pris son essor, avec des championnats du monde et des fédérations aux quatre coins du globe, notamment dans les pays de l’Est, où les échecs sont très importants culturellement », explique Johann Zoller.

C’est en lisant un article sur la discipline qu’il a eu l’idée de l’importer en Suisse. « Je trouvais bête qu’il n’y ait pas de chessboxing chez nous ». Il est parti seul aux Mondiaux en Arménie, où il a perdu, mais en est revenu avec des idées inspirées de la fédération française. La Fédération suisse est née il y a trois ans. En 2025, une petite délégation s’est rendue en Serbie pour les Mondiaux, avec « de petites victoires, de bons combats, notamment des KO impressionnants ».

Le principe est simple : une alternance de rounds d’échecs et de boxe, cinq rounds en phase qualificative (échecs, boxe, échecs, boxe, échecs), onze en finale. Chaque round dure 3 minutes, avec une minute de pause. Il n’y a pas de décision aux points : on gagne par KO, KO technique, échec et mat ou dépassement du temps aux échecs. Cet équilibre rebat les cartes. « En Serbie, il y avait des boxeurs professionnels qui n’ont pas forcément gagné. Les échecs peuvent équilibrer le tout ». L’un des athlètes suisses a même perdu sur un échec et mat dès le premier round, sans avoir pu monter sur le ring.

Les échecs équilibrent le tout.

Aurore, de la boxe aux échecs

Aurore a commencé les deux disciplines en même temps, avant de se tourner vers la boxe, sport de son père, il y a sept ans. Elle a ensuite joué sérieusement aux échecs pendant cinq ans, avant de quitter son club d’échecs. C’est un article où elle évoquait sa double pratique qui a conduit Johann Zoller à la contacter. « Au début, je pensais que c’était une blague. Puis je suis allée regarder sur internet, j’ai fait un cours de chessboxing, et j’ai bien aimé ».

Le plus difficile reste la transition. « Il faut bien gérer l’intensité en boxe, mais pas trop, parce qu’en passant aux échecs, il ne faut pas être trop désorientée. Ce n’est pas du tout la même chose que de la boxe ou des échecs seuls ». Elle consacre plus de 15 heures par semaine à la boxe et 3 à 4 heures aux échecs. Elle joue comme elle boxe : « un peu passive au début, puis plus agressive ». Pour elle, le plus dur est de « réfléchir en étant essoufflée ».

Les championnats du monde en ligne de mire pour Aurore.

Cap sur Istanbul

Les Mondiaux d’Istanbul, du 16 au 22 novembre 2026, seront ses premiers championnats du monde, toutes disciplines confondues. Elle ne peut pas, pour l’instant, représenter la Suisse en boxe anglaise sur la scène internationale, mais elle le peut en chessboxing, où il suffit de résider en Suisse. « Je vais pour gagner, mais aussi pour profiter et découvrir encore la discipline ».

Cap sur Istanbul pour la délégation suisse.

La délégation suisse comptera cinq athlètes, dont deux Genevois : Aurore et Philippe Alexandre. Le financement du voyage reste un défi. La Fédération s’autofinance, avec deux ou trois entreprises partenaires, et cherche d’autres soutiens. Elle compte une dizaine de membres sérieux, dont six Genevois, répartis entre Genève, Fribourg et Zurich. Son hub à Genève est le Carré, Boxing Club à Grand-Lancy, qui a accueilli un open le 22 août, avec des athlètes genevois et zurichois. Prochaines ambitions : organiser des événements dans d’autres cantons et, en 2027, un gala européen avec les fédérations allemande et française.

Ceux qui veulent essayer sont les bienvenus. « Si vous venez de la boxe ou des échecs, vous êtes déstabilisé. C’est un vrai nouveau sport. Je conseille à tout le monde d’essayer », conclut Johann Zoller. Pour Aurore, l’association est évidente : « Les deux disciplines sont trop bien, donc les assembler, c’est encore mieux ».

À lire ensuite...

16 octobre 2026
La course de côte de Verbois fête sa 69e édition

Les 17 et 18 octobre, motos, side-cars, quads et motos anciennes s'élancent …

16 octobre 2026
Hockey, basket, rugby : les rendez-vous du week-end à Genève

Du stade de Richemont aux Vernets, en passant par Verbois et Hermance, …

15 octobre 2026
Chessboxing : Aurore, 16 ans, cap sur Istanbul

Mélange de boxe et d'échecs, le chessboxing s'installe en Suisse, avec Genève …

14 octobre 2026
Kilian Feldbausch : « Mon objectif, c’est de monter tout en haut »

270e mondial, Kilian Feldbausch sort d'une saison charnière : premier titre à …

13 octobre 2026
Le Bout-du-Monde va changer d’échelle

Le projet « Compas » a remporté le concours d'architecture pour la …

12 octobre 2026
Nuit du sport genevois 2026 : les nominé·es sont connu·es

Les nominé·es de la Nuit du sport genevois ont été dévoilé·es. Les …